Ce sont d’abord « elles » que l’on rencontre.
Dans un jardin public, à l’entrée d’un restaurant ou dans une maison amie, un jour vous vous arrêtez, surpris et touché.
Vous ne l’aviez pas prévu, vous ne l’aviez pas décidé mais ce jour là, c’est une ou plusieurs d’entre elles qui vous ont forcé a vous arrêter.
Les filles sculptées de Jean Philippe Richard obligent le promeneur à les regarder. Filles-fleurs s’arrachant à la terre ou femmes-sirènes innocemment séductrices, elles vous attendent, vous qui ne saviez pas que vous aviez rendez-vous avec cette beauté que seuls révèlent le regard et la main de l’artiste. Ainsi donc vous voilà séduit et il n’y a plus rien à faire.Il vous faudra revenir et rêver, et rêver encore de celle-là qui peut-être accompagnera votre vie.



Ne demandez pas au sculpteur d’imager une vivante bien-aimée et ne lui confiez pas de photographie. Il ne travaille pas le réel et les seuls modèles dont il s’inspire n’apparaissent qu’à l’ombre de ses rêves. Vous n’avez pas le choix, il vous faut aimer ses créatures et leur faire place chez vous. Peut-être alors parleront-elles, à leur façon, de certaines humaines qui vous sont chères.
Il est advenu que certains osent ce qui ne doit pas être. Parce qu’une femme de terre l’avait touché au cœur et qu’en elle il l’avait « reconnu » une compagne très aimée, un aventurier de l’esprit s’est avisé un jour de passer au sculpteur une étrange commande. Habité par le visage et le corps de la femme qui lui plaisait, il en voulut une double trace de bronze, l’une vêtue et l’autre dévoilée.
Le sculpteur ne s’était jamais risqué au nu. Mais parce que l’autre, comme lui, était homme d’aventures, il accepta… et ne promit rien, puisqu’à ses mains il ne savait qu’obéir et ne les guidait qu’en ce qu’elles pouvaient accomplir. Et les femmes jumelles furent là, celle que sa robe protégeait et l’autre qui s’offrait et qu’il ne connaissait pas. A là rencontre d’elle et de lui même qui l’avait sculptée, Jean Philippe s’en est allé.


Regardez-les, mutines ou conquises, modestes ou affirmées, charnelles et précieuses : elles ne sont pas les statues
qu’elles paraissent. Oh vous l’avez constaté et vous en êtes certain maintenant. Elles sont bien le fruit du travail de l’homme, de sa technique et de son ingéniosité, de sa force et de son obstination. Très réelles, elles sont, et leur être de matière s’impose à la vue comme aux mains. Et pourtant, cela aussi vous le savez maintenant, vous qui vous êtes arrêté un
jour devant celle-ci ou sa pareille. Elles ne sont pas seulement ce qu’elles paraissent ces filles là, ces femmes là. Est-ce qu’on peut saisir le vif du vivant, l’esprit de la chair, le secret du mystère ?
Si cela se peut, si cela est possible à certains, c’est ce que Jean Philippe le sculpteur nous offre au dernier regard que nous allons lancer sur elle, sur elle qui nous a fait signe. Celle qui porte prénom de femme témoigne en souriant du bonheur d’être et d’un monde et d’un temps où il est possible de vivre concilié avec soi et avec l’autre.
Annie Bastide-Blazy



Créatures douces, beautés classiques, les femmes, les filles de Jean-Philippe Richard enferment un secret : une dualité dans son œuvre une éternalité féminine et une
attitude contemporaine.
L’artiste réussit un exercice extrêmement difficile celui de la suggestion car ces femmes d’apparence fragile sont pourtant fortes mais sereines, et parfois mutines.
Elles sont figées pour l’éternité, peut-être même hiératiques, dans un motif idéalisé, sans rapport avec une réalité naturaliste, des madones… Peut-être y voit-on une double influence, le sculpteur a été longtemps fasciné par le bas-relief égyptien, la ligne pure, la ligne claire mais aussi par la représentation de la femme par des femmes artistes, une vison qui éloigne Jean-Philippe Richard de celle qu’attribue en général au corps de la femme le regard masculin, celle de l’objet, c’est plutôt une
quête de la féminité.
Le spectateur suit visuellement une ligne verticale qui commence par le regard ... Quoique l’oeil ne soit pas sculpté, façonné, travaillé, il nous offre une vision. Le sculpteur nous suggère, nous fait comprendre, en faisant travailler notre imagination, par un non-dit, que la femme regarde l’horizon et nous élève vers des valeurs, un idéal spirituel. Est-ce la raison pour laquelle ces statues rencontrent-elles un tel engouement dans le monde ? Aujourd’hui alors que la Terre est en quête de spiritualité, ces déesses démontrent par leur présence cette force de l’intelligence et de la générosité de l’âme, c’est sans doute là la puissance de ces sculptures.
Cette œuvre singulière est souvent en opposition avec cette société où tout est montré ou démontré, cette société où l’on ne croit plus que ce que l’on voit.

Le visage, seul celui-ci personnalise les pièces, l’ovale du visage, le nez fin et les lèvres douces mais parfois moqueuses esquissant un sourire mystérieux. La chevelure travaillée, le cou sensuel, la robe suggérée amènent la douceur, la quête éternelle de la beauté . Cette partie supérieure du corps est travaillée avec grande finesse, on y voit la douceur et même le grain de la peau, les patines sur les bronzes sont douces, profondes, transparentes donnent l’envie de toucher cet être.

Parallèlement, le regard descend : les mains souvent le long du corps, les mains si expressives sont entravées ou plutôt englouties dans le corps qui redevient un élément minéral. L’attitude de la belle est celle d’une femme d’aujourd’hui, comme si le monde où elle se trouve ne l’intéresse pas, seul son chemin, sa destinée sont guidés par son regard, une femme seule et droite, mais non pas raidie dans sa détermination, plutôt souple comme « le roseau qui ne rompt pas ».

Enfin, la base de l’œuvre s’alourdit, s’épaissit, parfois se prolonge, devient cassante comme un minerai, ce qui contraste avec la fragilité du personnage, mais c’est aussi de cet écrin minéral qu’apparaît la nymphe. Cette quêteuse d’éternité campe dans une réalité physique. On n’oublie pas les œuvres de Jean-Philippe Richard, leur regard serein veille sur nous.

V Lhomme Fontaine


Mes expositions face au grand public ont toujours été une source de fierté. Je suis particulièrement heureux d’avoir exposé, par exemple, dans des lieux publics, dans la rue, dans des parcs comme celui de Eze, mais aussi dans les centres commerciaux. Ce contact direct avec un public très varié a toujours été passionnant et il a critiqué mon travail de façon pertinente.

Lorsque le public voit mes oeuvres, il est rassuré, ces sculptures apportent du bien-être. Oui, ce sont des personnages rassurants.



Ce que je souhaite exprimer, c’est une idée, celle de la liberté au féminin, celle de la femme contemporaine: la représentation des attitudes et de mes expressions préférées chez la femme.
Cette femme qui rêve mais qui a les pieds ancrés sur terre, cet équilibre entre la réalité sur terre et le rêve. Mes personnages sont en dehors du temps et de la réalité, en quelque sorte. Leur fonction est de faire rêver les autres.



Pour arriver à cette concentration dans l’attitude, il faut se « laisser faire » par la terre en partant sans idée préconçue.
Ainsi, sur la masse de la terre, l’idée se dessine peu à peu. Ensuite, il y a le bronze que je retravaille comme un élément impliquant de l’œuvre. La patine est très importante, son aspect et sa couleur peuvent vraiment durcir ou adoucir une pièce.
Souvent, je me surprends à corriger mon travail initial, plutôt pour adoucir la pièce ou enlever cet aspect froid que peut apporter le métal.



Je tends à aller vers d’autres matières, car elles donnent vraiment une expression différente à un même sujet. Par exemple, j’ai longtemps travaillé la pâte de verre, que Daum réalise désormais. Celle-ci transcende la forme, elle apporte ainsi une part de mystère en évitant une lecture trop figurative. L’ aspect minéral de mes patines donne quelque chose de très fort, que l’aspect et la couleur du bronze n’ont pas. Cela perturbe la lecture de la forme, la complique même, et fait ainsi fonctionner l’imaginaire, mais pas au service de la figuration.
Je cherche à ressentir un enthousiasme non par rapport au personnage, mais par rapport à la matière.



Aujourd’hui, je vois mon style évoluer vers la satisfaction d’une forme, moins figurative : il me faut trouver un moyen d’aller plus loin, cette forme doit être plus épurée. Stylisée ? Non, pas forcément, c’est plutôt dans la manière d’apparaître de mes sculptures.

Né à Paris en 1947 d’une famille bougeoise et protestante de 4 enfants 1 fille
Vit et œuvre à Mirabel-aux-Baronnies dans la Drôme depuis 1978.

Le parcours
Adolescence : renvoyé de nombreux établissements scolaires
1963 quitte le lycée sans diplôme
1964 commence des études spécialisée en chimie à Paris
1966-67 fait tous les postes de travail au sein l’entreprise familiale de Cognac à Saint Jean d’Angely en Charentes
1967-1968 service militaire
1969-1971 étude en école de marketing
1971-1972 retour dans les Charentes, création d’une galerie d’art, rencontre de sa première épouse
1973-1976 devient peintre et mosaïste à Montpellier
1976 arrivée à Nyons dans la Drôme création d’un atelier de sérigraphie
1978 emménage à Mirabel aux Baronnies, sérigraphie d’art sur verre et aluminium, puis passion pour les cadrans solaires (alliance de la précision des instruments de mesures et vision artistique et décorative)
1984 -1986 création d’une école Ultra Léger Motorisé, devient instructeur pilote
1984 -1990 création d’une collection artisanat d’art de moulages en plâtre patiné en France puis en Crète.
1989 découverte de Malaga en Espagne et installation à mi-temps jusqu’en 2001
1990 rencontre avec Guy LeRiche, qui l’initie à la sculpture, atelier de sculpture en Avignon
1992 rencontre avec sa future seconde épouse et naissance de leur fille
1992 -1993 ouverture d’une galerie à Mougins
1997 rencontre avec Jacques et Odette Chibois à la Bastide Saint Antoine à Grasse plusieurs pièces sont présentées dans la Bastide
1998 - 2005 ouverture de la galerie de Saint Remy de Provence
1999 rencontre avec Gérard Boissins, directeur des forges de Laguiole où il propose à l’artiste d’exposer, puis présentation à Michel et Ginette Bras qui lui ouvre les portes de leur établissement
2000 Rencontre avec le collectionneur et marchand Bernard Thomel, qui est missionné pour trouver des expositions à l’étranger où l’artiste l’accompagnera chaque année.
2000 rencontre avec Jean-Baptiste Sibertin Blanc, créateur et directeur artistique début d’une collaboration avec Daum à partir de 2000 exposition annuelle en Chine sauf en 2001
2001 New York et le Liban
2001 rencontre avec l’écrivain Annie Bastide Blazy de cette rencontre naitra un livre « Jean-Philippe Richard devenu sculpteur »
2002 achat d’ œuvres du peintre russe Repka, visite de son atelier à Prague
2003 Nouméa
2003 achat d’une œuvre du  peintre LHOMME FONTAINE, puis rencontre avec l’artiste
2004-2005 six mois en Chine
2008 début d’une collaboration avec LHOMME FONTAINE « fragments »
2007 Création de Charlotte (135cm) en pâte de verre par Daum
2009 rencontre et stage avec le sculpteur céramiste Wayne Fisher

Expositions 
1991 Paris « Atelier d’Art », espace création, Parc des expositions, « Salon d’Automne » et « Salon des Indépendants » Grand Palais,
1992/93/94/95
Nîmes « Nimagine »
1993
Avignon « Mondial Art »
1994
Arles « Les seigneurs de l’art »
1995
Cannes Palais des Festivals galerie « A Tout Temps »
1996 Nice « Direct Art »
1998 Barcelone « Europ Art 97 » et « A.C.E.A. »
1998
Breil-sur-Roya « Le triangle d’Art »
1998/99/2000
Mandelieu « Arts Mediterranéens »
2000/01/02
Genève « Europ’Art »
2001
New-York « Artexpo »
2001
Beyrouth « Artuel »
2003
Hong-Kong International Art Fair
2003
Nouméa  un peintre, un sculpteur au Méridien
2005
Shanghai « salon France-Chine Vizcaya »
2005
Shanghai «Salon de la sculpture»
2005 exposition Love de Daum
2002/04/05/06/07
Shanghai « Art Expo »

Distinctions :
1993 Avignon 1er prix de sculpture « Mondial Art »
1994 Arles 
médaille d’or « Les seigneurs de l’art »
1995 Paris
médaille d’argent « Arts, sciences et lettres »
1998 Barcelone
1er prix de sculpture « A.C.E.A. »
1998 Mandelieu
1er prix de sculpture, 1999 et 2000 prix du public« Arts Mediterranéens »
2002 Saint Rémy de Provence
Installation permanente dans le jardin de la bibliothèque municipale
2003
Nouméa entrée dans la collection du gouvernement et collection personnelle du président
2004 Eze Village
Installation permanente de 14 sculptures dans le jardin exotique
2005 Shanghai entrée dans la
collection du musée national de la sculpture, distinction et classement par le gouvernement de la République Populaire de Chine
2009 Eze Village Installation d’une œuvre monumentale sur la place de l’église